L'examen visuel : 12 mots pour décrire la robe#
La robe est ce que vous observez en tenant le verre incliné sur un fond blanc. Elle donne des informations sur le cépage, l'âge et l'état de conservation du vin.
1. Robe L'ensemble des caractéristiques visuelles du vin : couleur, intensité, aspect. "La robe est rubis translucide" est une phrase de dégustation complète.
2. Limpidité Un vin limpide est clair, sans particules en suspension. Un vin trouble peut signaler un problème (voile bactérien) ou être normal (vin non filtré, dépôt).
3. Brillance Un vin brillant réfléchit la lumière avec éclat. Signe général de bonne acidité et de fraîcheur. Un vin terne peut signaler une oxydation ou un manque de vie.
4. Rubis Couleur rouge vive aux reflets bleutés. Typique des vins jeunes à base de Pinot Noir, Grenache ou Gamay. Indique fraîcheur et jeunesse.
5. Grenat Rouge plus profond et soutenu, aux reflets bordeaux. Fréquent dans les vins rouges de milieu de gamme bien structurés (Cabernet Sauvignon jeune, Merlot).
6. Pourpre / Violacé Teinte presque bleue, très foncée. Signe d'extrême jeunesse. Certains vins du Languedoc ou de Cahors arrivent dans cet état à leur sortie de cave.
7. Tuilé Reflets orangés, briquetés, en périphérie du disque. Indique une évolution : oxydation naturelle liée à l'âge pour les rouges. Normal pour un vieux Bourgogne ou un Banyuls.
8. Jaune paille Blanc léger aux reflets verts ou dorés pâles. Typique des vins blancs jeunes et vifs : Muscadet, Chablis, Riesling alsacien.
9. Jaune or Teinte ambrée lumineuse, signe d'un blanc avec de la matière ou du passage en barrique. Caractéristique d'un Bourgogne blanc évolué ou d'un Condrieu.
10. Ambré / Vieil or Couleur profonde, presque orange-brun pour les blancs. Vins oxydatifs (Rivesaltes, Xérès), vins moelleux âgés ou Sauternes vieux.
11. Disque La surface du vin vue de dessus. Le "disque étroit et net" d'un vin jeune vs le "disque large et dégradé" d'un vin évolué renseignent sur son âge.
12. Larmes (ou jambes) Les traînées qui coulent le long du verre après qu'on l'a fait tournoyer. Plus elles sont lentes et épaisses, plus le vin est riche en alcool et en glycérol. Ce n'est pas un indicateur de qualité — c'est un indicateur de concentration.
Le nez : 15 termes pour les arômes#
Le nez se travaille en deux temps : le premier nez (verre immobile) révèle les arômes volatils les plus fragiles ; le second nez (après aération) libère les arômes plus complexes.
13. Premier nez Les arômes spontanés, perçus sans agiter le verre. Souvent floraux, fruités, délicats. On les note avant toute chose.
14. Second nez Les arômes libérés après aération (en faisant tourner le verre). Plus complexes, parfois tertiaires. C'est souvent là que le vin se révèle vraiment.
15. Intensité aromatique La puissance des odeurs perçues. Un vin "expressif" ou "ouvert" dégage des arômes facilement. Un vin "fermé" ou "muet" se montre discret — souvent temporairement, après une mise en bouteille récente.
16. Arômes primaires Arômes issus directement du raisin et du cépage. Fruits frais, fleurs, végétal. Exemple : les arômes de cassis d'un Cabernet Sauvignon, de pêche d'un Viognier.
17. Arômes secondaires Produits pendant la fermentation alcoolique. Levures, beurre, pain brioche (dans les vins ayant fait une fermentation malolactique). Typique des Chardonnay élevés en barrique.
18. Arômes tertiaires (ou bouquet) Arômes développés pendant l'élevage et le vieillissement. Sous-bois, cuir, tabac, truffe, café, vanille, épices. Complexité maximale sur les grands vins âgés.
19. Fruité Terme générique désignant les arômes de fruits au nez ou en bouche. Se précise : fruits rouges (cerise, fraise), fruits noirs (mûre, cassis), fruits jaunes (pêche, abricot), agrumes (citron, pamplemousse).
20. Floral Arômes de fleurs. Violette sur les Syrah du Rhône, rose sur certains Gewurztraminer, acacia ou fleur d'oranger sur des blancs aromatiques.
21. Minéral Caractère évocateur de pierre, silex, craie, ardoise. Très présent dans les Chablis, les Pouilly-Fumé, les Rieslings de Moselle. La minéralité est une sensation plus qu'un arôme chimiquement défini.
22. Boisé Influence du passage en barrique. Vanille, noix de coco, toast, fumé. Peut être "bien intégré" (élégant) ou "dominateur" (masque le fruit).
23. Épicé Poivre (Syrah de Crozes-Hermitage), cannelle, clou de girofle (Cabernet Franc de la Loire). Arômes tertiaires ou liés au cépage.
24. Végétal Herbe coupée, poivron vert, fougère. Peut être positif (Cabernet Sauvignon de Bordeaux légèrement herbacé) ou défaut (raisins récoltés trop tôt).
25. Complexité La multiplicité et l'évolution des arômes perçus. Un vin complexe offre plusieurs couches aromatiques qui changent dans le verre. C'est le signe d'un grand vin.
26. Défaut : bouchon (TCA) Odeur de carton mouillé, champignon, sous-cave. Due à un bouchon contaminé par le 2,4,6-trichloroanisole. Un vin "bouché" doit être renvoyé au restaurateur ou au caviste.
27. Défaut : volatile (acide acétique) Odeur de vinaigre, vernis à ongles. Acidité volatile trop élevée, signe d'une fermentation défaillante. Défaut rédhibitoire.
La bouche : 18 mots pour l'analyse gustative#
La bouche confirme ou infirme ce que le nez a annoncé. Elle évalue l'équilibre, la structure, la longueur.
28. Attaque La première sensation en bouche, dès les premières secondes. Peut être franche, douce, ample, vive. L'attaque donne le ton.
29. Milieu de bouche La phase centrale de la dégustation, après l'attaque. C'est là que le vin développe toute sa complexité et sa matière.
30. Finale (ou persistance) Ce qui reste en bouche après avoir avalé ou recraché le vin. La durée et la qualité de la finale sont des indicateurs majeurs de la qualité d'un vin.
31. Caudalie Unité de mesure de la persistance aromatique : 1 caudalie = 1 seconde. Une bonne finale dure 6 à 8 caudalies. Un grand vin peut tenir 12 caudalies et au-delà. À ne pas confondre avec la chaleur alcoolique qui persiste aussi.
32. Tanins Molécules polyphénoliques issues des peaux, pépins et rafles du raisin (et de la barrique). Ils procurent la sensation d'astringence et d'assèchement en bouche. Des tanins "soyeux" ou "veloutés" sont fondus, agréables. Des tanins "rugueux" ou "verts" signalent une vendange trop précoce ou un vin mal vinifié.
33. Acidité La vivacité du vin. Une bonne acidité donne la fraîcheur, la salivation, la tension. Trop élevée : le vin est agressif. Trop faible : il est "mou" ou "plat". L'acidité est l'épine dorsale des vins blancs.
34. Sucrosité La douceur perçue, qu'elle vienne du sucre résiduel (vins moelleux, liquoreux) ou de la maturité du fruit (sensation de sucré sans sucre réel).
35. Alcool La chaleur ressentie en bouche et en gorge. Un équilibre bien dosé rend l'alcool imperceptible. Un vin "brûlant" ou "chaud" a trop d'alcool par rapport à sa matière.
36. Corps La densité, le poids, la matière du vin. Un vin "plein" ou "corsé" est riche et concentré. Un vin "léger" est fin et délicat. Ni l'un ni l'autre n'est supérieur — tout est contexte.
37. Équilibre Le rapport harmonieux entre acidité, tanins, alcool et sucrosité. Un vin équilibré ne laisse dominer aucun de ces éléments. C'est la clé de tout grand vin.
38. Longueur Synonyme de persistance. "Un vin long" est un vin dont les arômes s'attardent. "Un vin court" finit brutalement.
39. Gras Texture onctueuse, veloutée. Souvent liée au glycérol ou à la fermentation malolactique. Typique des Chardonnay élevés en barrique, des Viognier, des blancs de Bordeaux.
40. Charnu Un vin avec de la matière, presque "masticable". Sensation de densité et d'épaisseur au palais. Souvent associé aux vins du Rhône ou de Priorat.
41. Sapide Savoureux, avec du goût. Un vin sapide a de la personnalité et de la profondeur. L'adjectif est positif, toujours.
42. Souple Tanins fondus, acidité modérée, ensemble harmonieux et facile à boire. Un vin souple n'est pas forcément sans caractère — il est juste accessible.
43. Astringent Sensation de sécheresse et de resserrement en bouche due aux tanins. Normal à un certain niveau ; excessif sur les vins trop jeunes ou mal vinifiés.
44. Oxydatif Caractère voulu ou subi de l'oxydation. Voulu : Xérès Fino, Vin Jaune du Jura, certains Banyuls. Non voulu : vin défectueux qui a pris l'air. Le contexte fait tout.
45. Réducteur Opposé de l'oxydatif : un vin élevé en l'absence totale d'oxygène. Peut développer des notes soufrées (caoutchouc, allumette) qui s'estompent à l'aération.
Termes transversaux : terroir, millésime, élevage#
46. Terroir L'ensemble des facteurs naturels qui influencent le vin : sol, sous-sol, exposition, microclimat. Un vin de terroir exprime son origine géographique de façon distinctive.
47. Millésime L'année de récolte des raisins. Un grand millésime (conditions climatiques idéales) peut sublimer même un vin ordinaire. Un petit millésime teste le savoir-faire du vigneron.
48. Élevage La période entre la fin de la fermentation et la mise en bouteille. En barrique, en cuve béton, en amphore — chaque support laisse sa marque sur le vin.
49. Vinification L'ensemble des techniques de transformation du raisin en vin. Macération, fermentation, soutirage, filtration. Le vigneron fait des choix à chaque étape qui façonnent le profil final.
50. Typicité La fidélité d'un vin à son appellation, son cépage ou son terroir. Un Sancerre typique a ce caractère sauvignon franc sur terroir calcaire. Un vin "atypique" peut être meilleur ou moins bon — mais il étonne.
Utiliser ce vocabulaire sans pédanterie#
La connaissance du lexique n'autorise pas à jouer au professeur à table. Quelques règles de base :
Décrire ce que vous ressentez, pas ce que vous croyez devoir ressentir. Si un Bordeaux vous évoque la confiture de fraises plutôt que les "notes de cassis attendues", dites-le. Votre nez n'est pas faux.
Poser des questions plutôt qu'asséner des vérités. "Tu perçois quelque chose de floral sur ce Viognier ?" vaut mieux que "Ce Viognier exprime clairement la pêche de vigne et l'abricot confit."
Adapter son niveau à la situation. Entre amis qui aiment le vin, on peut aller plus loin. Avec des non-initiés, "c'est frais et fruité, parfait pour l'été" suffit.
Pour approfondir la pratique, consultez notre guide sur comment déguster le vin comme un pro et notre article sur la lecture des étiquettes de vin. Pour associer ce vocabulaire à des exemples concrets, notre guide des accords mets et vins met ces termes en situation.
FAQ#
Faut-il avoir un palais exceptionnel pour percevoir tous ces arômes ?
Non. Le palais s'éduque avec la pratique. La plupart des dégustateurs professionnels ont simplement beaucoup goûté et pris l'habitude de mettre des mots sur leurs sensations. Commencez par identifier si un vin vous évoque des fruits rouges ou noirs, des fleurs ou de la terre — le reste vient naturellement.
Quelle est la différence entre "arômes" et "flaveurs" ?
Les arômes sont perçus par voie nasale directe (avant d'avaler). Les flaveurs sont perçues par voie rétronasale — quand les vapeurs du vin remontent au nez par l'arrière-gorge pendant et après la dégustation. La "persistance en bouche" que vous percevez est en réalité une flaveur.
Combien de caudalies pour un vin de qualité ?
Un vin d'entrée de gamme termine en moins de 3 caudalies. Un bon vin régional tient 5 à 7 caudalies. Un grand cru peut atteindre 12 à 15 caudalies, parfois davantage. Cette mesure reste subjective — utilisez-la pour comparer des vins entre eux, pas comme critère absolu.



